et afin de poursuivre l'aventure du "pauvre" périodique
Ffwl Lleuw/Aux Robes de Rimbaud
NOUS vendons
25 albums de Lou Reed et un coffret 3 compact-disques
avec à chaque fois un collage/exemplaire unique de S.0.D.A +
un poème inédit/exemplaire unique de Ch-Edziré Déquesnes +
une enveloppe personnalisée POUR TUER LA MISERE ! ===> ===> [hommage à André Robillard.]
LISTE DES ALBUMS
- Lou Reed/premier album solo - Transformer - Berlin - Sally Can't Dance - Coney Island Baby
- Rock'n'roll Animal - Rock'n'Roll Heart - Street Hassle- The Bells - Growing Up In Public
- The Blue Mask - Legendary Hearts - Live In Italy - New Sensation - Mistrial - New York
- Songs For Drella-Lou Reed/John Cale - Magic & Loss - Set The Twilight Reeling - Ecstasy
- Live Cleveland 1984 - The Soul Of Man (b.o du film de Wim Wenders dans laquelle Lou Reed reprend Look Down The Road de Skip James et See That My Grave Is Kept Clean de Blind Lemon Jefferson. ) - Rave On (disque-compilation hommage à Buddy Holly dans lequel Lou Reed en duo avec Laurie Anderson reprend Peggy Sue.)
- Between Thought & Expression/The Lou Reed Anthology (3 disques compacts/45 titres dont des versions rares en public avec Don Cherry.)
Jadis, en 1981, j'étais en corps jeune, je rencontre un drôle d'oiseau. Un flamand bleu d'Ostende qui chantait et qui chantent toujours. J'ai eu la chance qu'il m'offre un peu de son temps pour discuter avec lui et qu'il me transmette dans l'humilité sa passion pour le blues. Il m'a appris beaucoup ! Cette nuit d'hiver là, après un concert de T.C Matic dans une salle d'église paroissiale en Flandre de Belgique, nous parlons de tout et de rien... du poète Dusan Matic, de Ian Curtis de Joy Division, du pourquoi il est intrigué par les mots comme Mama, Papa, Lala... du bon beurre normand, du positif avec le négatif qui donne l'électricité pour faire la musique pour la tête et le cul ensemble, cette électricité de la vraie Musique de la vie, d'Howlin' Wolf, du Captain Beefheart, du tango argentins, d'Edith Piaf... Puis d'un coup, alors que bien avant nous avions déjà parlé de sa passion pour le blues, il me fixe bien droit dans les yeux et me lâche "...toi, tu devrais écouter Willie Dixon ! Ce qu'ensuite j'ai fais bien vite et j'ai compris pourquoi en écoutant Red Little Rooster ! Puis il enchaine en me parlant de son harmonica qui me confie être pour lui le prolongement de son zizi et qu'il adore Sonny Boy Williamson qui jouait de l'harmonica pour servir son blues. En fait on doit écrire ça au pluriel : qui jouaient de l'harmonica car il y a eu deux Sonny Boy Williamson joueurs d'harmonica et bluesmen. Le premier a qui on offre gamin à Noël un harmonica, plus tard il compose et enregistre dés 1937, notamment cette année là Good Morning School Girl que The Yardbirds et Eric Clapton revisiteront en studio & en concerts en 1964, mais aussi Suzy-Q, Frigidaire Blues (cela ne s'invente pas !), Voodoo Voodoo, Decoration Day Blues et Baby Please Don't Go. Le second, on lui doit Eyesight To The Blind (Roland Van Campenhout et Arno Hintjens en feront une excellente reprise sur l'album Charles & les Lulus), Bring It on Home en 1963 que Led Zeppelin reprennent six ans plus tard sur leur second album, aussi Nine Below Zero titre que les musiciens du bluesman Irlandais Rory Gallagher après son décès, adopterons pour continuer sous ce nom à enregistrer des disques et donner des concerts.
Aujourd'hui, 37 ans plus tard, je revois encore au moins deux fois l'an encore et toujours ce foutu chanteur de flamand bleu d'Ostende et jamais il ne m'a déçu, pas une fois ! Sacré Arno Hintjens et rhénondiouss'ed mahouse quand il prend son putain petit harmonica !...
Avec T.Model Ford & Junior Kimbrough, R.L. Burnside a été l'une des dernières grandes figures du bluesqui des premières décennies du siècle 20 et arrivée au delà de l'an 2000 jusqu'à nous en développant, apportant et laissant un style, une approche de son blues (surtout électrique) toute à fait personnelle.
R. Burside est né le 23 novembre 1926 à La Fayette, région d'Oxford (Mississippi) ; dans le sillage de la catastrophe humanitaire qui fin août ravage cette région, après le passage de l'ouragan Katrina, R.L. Burnside décède d'un arrêt cardiaque le 5 septembre 2005 - sa vieille maison dans l'ouest de Como (là ou vivait Mississippi Fred McDowell) s'était écroulée et il avait du installer sa famille dans une grande caravane au milieu des décombres -. Il était âgé de 79 ans et l'un des tous derniers - sinon le dernier - authentiques bluesmen des terres et des eaux troubles du Mississippi.
Dès les années 50, il a alors à peine 25 ans, sa réputation en tant que bluesman du cru est déjà solide. Il chante, s'accompagnant seul à la guitare dans les juke joints*, fêtes à la maison ou pique-niques campagnards. Il interprète alors un blues rural acoustique inscrit dans la plus pure tradition du meilleur folk-blues.
*Juke Joints : Lieux -espèce de bars - où se tenaient très souvent concerts de blues ...danses & bagarres en tout genre.
Comme la majorité des grands chanteurs de blues des toutes premières heurs, il grandit dans une ferme. Afin de gagner (perdre, ne devrait-on pas écrire ?) sa vie, il est ouvrier agricole mais chante, joue le blues dimanches et jours de fêtes afin de compléter ses maigres revenus, ainsi il parvient à entretenir et nourrir sa nombreuse famille. Il a commencé par jouer le blues dans les 50's après avoir écouté les vieux maîtres de sa région natale, notamment le légendaire Mississippi Fred McDowell. Quelques enregistrements acoustiques de R.L. Burnside de la fin des 80's ont été aujourd'hui réédité en cd témoignant de la subtilité, haute qualité du blues acoustique que pratique R.L. Burnside à cette époque.
Par la suite il s'oriente progressivement vers la guitare électrique ; de surcroît comme ses fils, devenus adolescents, sont eux aussi musiciens, il forme un groupe familial : The Sound Machine Groove avec guitare électrique, basse et batterie. Cette formation joue les samedi-dimanches se taillant fort vite une solide réputation, et elle attire de très nombreux amateurs de blues de tout l'état du Mississippi mais aussi de bien plus loin. R.L. Burnside et son Sound Machine Groove enregistre plusieurs albums durant les 80's mais sans connaître pour autant le succès et les retombées internationales méritées ; les enregistrements sont-ils considérés trop pur et brut de décoffrage ? Il faut attendre le milieu des 90's pour que le grand public découvre R.L. Burnside par le biais du, alors tout jeune, label Fat Possum qui effectue un extraordinaire travail de véritable exhumation de vieux bluesmen méconnus, oubliés : Lewis Furry, Junior Kimbrough, Cedell Davis, T.Model Ford et bien d'autres encore. R.L Burside enregistre de 1993 à 2004 sept insoupçonnables albums furieux : notamment le super brut de décoffrage : A Ass Pocket of Whiskey enregistré le 6 février 1996 en une seule après midi avec la participation de l'un des jeunes groupes révélations du moment JON SPENCER BLUES EXPLOSION ! R.L. Burnside leur rend la pareille en apparaissant sur leur album Now I Got Worry [1998]. Il va également assurer les premières parties de la tournée mondiale du Jon Spencer Blues Explosion !
- R.L. Burnside avec Judah Bauer et Jon Spencer
du Jon Spencer Blues Explosion !
Sur scène dés cette époque R.L. Burnside R.L. Burnside n'est plus accompagné que par son petit fils, Cédric, à la batterie (également rappeur à ses heures perdues) et de son fidèle guitariste blanc Kenny Brown (à écouter son excellent album solo Stingray paru en 2003 sur le label Fat Possum). Un excellent film documentaire A Day with R.L. Burnside est d'ailleurs réalisé en France par Sophie Kertész et témoigne de cette époque.
L'art de R.L. Burnside demeure à jamais pareil à un tord boyaux hors d'âge, la pratique d'une matière brute, dépiauté jusqu'à l'os sans aucun artifice et superflu technique. Aucun gimmicks rabâchés, juste du blues dans ses climats les plus pur avec un groove authentique imparable.
Juin 2005 voyait paraître l'incroyable testamentaire album en public -absolument indispensable !- d'un concert enregistré le 11 juin 2004 (prés de 15 ans déjà !) autour de R.L. Burnside Live at Bonnaroo Manchester-North Mississippi All Star-Hill Country Revue. Outre les enfants et petits enfants du grand-papy Burnside (il ne peut plus alors jouer qu'assis !), quelques autres hautes figures incontournables sont présentes comme Jim Dickinson, Jojo Hermann, Chris Robinson et l'incroyable Rising Star Five & Drum Band d'Otha Turner (juste des tambours et des pipeaux !) qui viennent prêter mains fortes. Ce dernier opus live témoigne de l'impact considérable de R.L. Burnside, notamment au cours des dix dernières années de sa carrière, dans l'histoire sans cesse renouvelée du blues. Il a certainement permis d'ouvrir des horizons nouveaux dans l'évolution et la réactualisation d'un genre que certains tentent toujours de nous faire croire qu'il serait moribond, plus que jamais R.L. Burnside prouve que le blues est d'actualité et intemporel, offrant même au rap et ses adaptes quelques unes de ses premières vraies lettres de noblesses, notamment en 2004 avec l'étonnant album de remix A Bothered Mind.
WELL ! WELL WELL WELL WELL...
Christian-Edziré Déquesnes
Celle et ceux qui désireraient recevoir la liste complète et très détaillée de R.L. Burnside en faire la demande via ===> christian.dequesnes@orange.fr